Quand aimer réveille aussi nos peurs
- laurianebernardin
- il y a 5 jours
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L'amour est souvent associé à des émotions agréables : la joie, la complicité, le sentiment d'être compris ou soutenu.
On imagine volontiers qu'une relation qui se passe bien devrait nous apaiser.
Et pourtant, il arrive qu'au moment même où une personne devient importante pour nous, certaines peurs apparaissent ou prennent davantage de place.
La peur d'être déçu.
La peur de perdre l'autre.
La peur de ne pas être à la hauteur.
La peur d'aimer davantage que l'on ne l'est en retour.
Ces réactions peuvent être déroutantes. D'autant plus lorsqu'elles surviennent dans une relation, qui, objectivement, se passe bien.
Quand l'autre commence à compter
Au début d'une rencontre, il est souvent plus facile de prendre les choses avec légèreté.
Puis, peu à peu, un attachement se crée.
L'autre prend une place particulière dans notre quotidien, dans nos pensées, dans nos projets.
Et c'est souvent à ce moment là que certaines fragilités peuvent émerger.
Non pas parce que quelque chose ne va pas dans la relation. Mais parce que lorsque quelqu'un compte réellement pour nous, nous avons davantage à perdre.
L'amour touche des endroits sensibles
Une relation amoureuse ne crée pas nos peurs.
Mais elle peut les révéler.
Elle vient parfois mettre en lumière des doutes qui existaient déjà, souvent de façon discrète.
Certaines personnes commencent alors à se demander si elles sont suffisamment aimables. D'autres deviennent plus sensibles aux signes de distance ou aux changements de comportement de leur partenaire.
Parfois, un simple retard de réponse ou une attitude inhabituelle suffit à déclencher une multitude de questionnements.
Non pas parce que la situation est inquiétante en elle-même, mais parce qu'elle vient toucher quelque chose de plus profond.
Quand le passé s'invite dans le présent
Nous n'arrivons jamais dans une relation totalement vierges de notre histoire.
Nos expériences passées, nos déceptions, nos blessures et nos apprentissages nous accompagnent.
Sans même nous en rendre compte, certaines situations actuelles peuvent faire écho à des expériences anciennes.
Une peur de l'abandon.
Une crainte d'être rejeté.
La sensation de devoir mériter l'amour ou l'attention de l'autre.
Ces mécanismes ne sont pas toujours visibles, mais ils influencent parfois notre manière de vivre la relation.
Aimer, c'est aussi accepter une part de vulnérabilité
Lorsqu'on aime quelqu'un, on accepte d'une certaine façon de ne pas tout contrôler.
On ne peut pas maîtriser les sentiments de l'autre.
On ne peut pas prévoir l'avenir.
On ne peut pas se protéger complètement du risque d'être blessé.
Cette vulnérabilité fait souvent peur.
Et pourtant, elle fait aussi partie de ce qui permet une véritable proximité. Car aimer, ce n'est pas seulement partager des moments agréables. C'est aussi accepter d'être vu tel que l'on est, avec ses forces, mais également avec ses doutes et ses fragilités.
Des peurs qui ne doivent pas être confondus avec la réalité
Lorsque ces inquiétudes aparaissent, il est parfois tentant de penser qu'elles révèlent un problème dans la relation.
Ce n'est pas toujours le cas.
Parfois, elles racontent davantage notre histoire personnelle que la réalité du lien que nous sommes en train de construire.
Prendre le temps de les écouter, de les comprendre et de les distinguer de ce qui se passe réellement peut permettre de vivre la relation de façon plus sereine.
En conclusion,
Aimer n'est pas seulement une source de bonheur ou de sécurité.
C'est aussi une expérience qui peut reveiller certaines peurs et mettre en lumière des fragilités que l'on ne percevait pas toujours lorsqu'on était seul.
Cela ne signifie pas que quelque chose ne va pas.
Cela signifie souvent qu'une relation est devenue suffisamment importante pour toucher des parts de nous qui méritent d'être entendues.
Et peut être qu'au fond, aimer consiste aussi à apprendre à accueillir ces fragilités avec un peu plus de douceur.
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