Pourquoi le début d'année est parfois plus difficile qu'on ne l'imagine
- laurianebernardin
- 3 janv.
- 3 min de lecture
Le début d'année est souvent associé à l'élan, aux nouveaux départs, aux bonnes résolutions. Pourtant, pour beaucoup, cette période est plus lourde qu'attendue. Une fatigue diffuse, une baisse de moral, un sentiment de décalage... Et si ce malaise de janvier était plus fréquent, et plus compréhensible, qu'on ne le pense ?
Il y a cette idée très répandue que le mois de janvier devrait marquer un renouveau.
Une page blanche.
Un souffle nouveau après les fêtes.
Et pourtant, beaucoup de personnes ressentent exactement l'inverse.
Une forme de vie, de lassitude, parfois même une tristesse difficile à expliquer.
Rien de spectaculaire. Rien de "grave". Mais un poids discret, qui rend les journées plus lourdes et l'élan plus difficile à trouver.
Alors on se demande ce qui ne va pas.
Pourquoi on arrive pas à se projeter.
Pourquoi l'énergie n'est pas au rendez-vous.
La retombée après l'agitation
Le mois de décembre est souvent chargé, émotionnellement et physiquement. Même lorsque les fêtes se passent bien, elles mobilisent beaucoup : les attentes, les retrouvailles, les souvenirs, parfois les absences aussi.
Janvier arrive comme une retombée.
Le silence revient.
Le rythme ralentit brusquement. Et ce qui était mis de côté pendant l'agitation trouve enfin de l'espace pour émerger.
Ce n'est pas que le début d'année "va mal". C'est plutôt que tout ce qui était tenu à distance peut enfin se faire entendre.
La pression invisible du "nouveau départ"
Il y a aussi une pression très subtile, mais bien réelle : celle de devoir aller mieux.
Nouvelle année, nouveaux objectifs, nouvelles habitudes. Comme si ce changement de calendrier devait automatiquement produire un changement intérieur.
Pour certaines personnes, cette injonction est lourde. Elles n'ont pas l'énergie de se projeter.
Pas l'envie de se fixer des objectifs.
Pas la force de "redémarrer".
Et au lieu d'écouter cette fatigue, elles culpabilisent.
Elles se disent qu'elles devraient être reconnaissantes, motivées, enthousiastes.
Mais l'élan ne se décrète pas.
Il naît quand quelque chose en soi est prêt.
Janvier, un mois de bilan malgré soi
Le début d'année invite souvent à regarder en arrière.
Ce qui a changé.
Ce qui n'a pas changé.
Ce qu'on espérait et qui n'est pas arrivé.
Même sans le vouloir, on fait des bilans intérieurs.
Et parfois, ces bilans sont inconfortables. Ils réveillent des regrets, des doutes, des questions restées sans réponse.
Ce n'est pas un échec.
C'est une étape humaine.
Un moment où l'on prend conscience de ce qui demande encore de l'attention.
Quand le corps et l'esprit demandent autre chose que "plus"
Ce que beaucoup ressentent en janvier, ce n'est pas un manque de volonté. C'est un besoin de récupération.
Un besoin de lenteur.
Un besoin de sens.
Aller doucement en début d'année n'est pas un retard.
C'est parfois une manière de se respecter après une période intense.
Ecouter ce que cette période réveille peut permettre d'éviter de repartir sur le même rythme, les mêmes automatismes, les mêmes oublis de soi.
Et si janvier n'était pas un point de départ, mais un temps d'écoute ?
Le début d'année n'a pas besoin d'être un sprint. Il peut être un espace de transition. Un moment pour ressentir plutôt que pour décider. Pour comprendre plutôt que pour agir.
Et parfois, mettre des mots sur ce flou, cette fatigue ou ce manque d'élan suffit déjà à alléger quelque chose.
L'accompagnement thérapeutique peut être cet espace là :
un lieu où l'on n'a pas besoin d'aller mal
un endroit où l'on peut simplement déposer ce que janvier fait remonter, sans pression, sans objectif à atteindre.
En conclusion,
Si le début d'année vous semble plus difficile que prévu, il n'y a rien d'anormal. Vous n'êtes pas en retard.
Vous n'est pas à côté.
Vous êtes peut-être simplement en train d'écouter ce qui, en vous, demande un autre rythme, une autre attention, une autre manière d'avancer.
Et parfois, commencer l'année, ce n'est pas changer.
C'est s'entendre un peu mieux.
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